Les traitements contre la SEP, une stratégie militaire 

Que ce soit pour la sclérose en plaques (SEP), en cancerologie ou pour toute autre pathologie, on parle de traitement💉  de première et de seconde ligne. Lorsque j’entends ces termes, j’ai toujours une image de formation militaire qui me vient en tête… Mais avant d’entrer sur le champ de bataille, rappelons rapidement ce qu’est la SEP histoire de resituer le contexte.

Cette maladie neurologique est due à une surproduction de globules blancs. Ces derniers, au lieu d’agir contre les agresseurs extérieurs 🦠  (virus, bactérie, etc.) ont choisi de se rebeller contre le système central. Après tout, il faut bien un coupable à cette augmentation soudaine de la population non ?
Ils s’attaquent donc au cerveau et plus précisément aux gaines qui entourent les nerfs transmettant l’information entre les neurones. En provoquant des lésions dans ses gaines, ils empêchent l’info de circuler correctement. ❌ 🧠 ❌

Sur l’IRM, ça fait des tâches blanches. Moi je dis qu’il me manque des cases ou que je suis une fille brillante selon l’humeur… Si tu veux comprendre pourquoi, va lire cette page.

On ne sait jamais quand ni où sera la prochaine attaque. Toutes les zones du cerveau peuvent être touchées et provoquer ainsi des troubles variés. Les plus connus étant les pertes de vision, la paralysie totale ou partielle, les fourmillements quotidiens, etc.

S’il n’existe aucune solution définitive, la recherche médicale a cependant permis de mettre au point plusieurs traitements pour contrer ces attaques et freiner la progression de la maladie. Car, je ne l’ai pas précisé plus haut, mais les lésions neuronales peuvent laisser des séquelles plus ou moins handicapants, même si en général, nous retrouvons nos aptitudes en quelques semaines. C’est donc mieux si on freine au maximum ces poussées.

Maintenant que nous connaissons mieux l’ennemi, intéressons-nous à ces fameux traitements de première et seconde ligne.

Dans le monde des tactiques militaires, on parle de lignes de défense face à l’ennemi. Pour nous, les non-initiés, la première ligne est celle qui lancera l’attaque. Elle est donc rapide, réactive et agile. Son but ? Retarder au maximum le déploiement de la seconde ligne (ou ligne de défense). Et dans l’idéal, vaincre l’ennemi sans qu’il y ait besoin de mobiliser la défense.

En thérapie médicale, c’est le même principe. Les traitements de première ligne attaqueront, tandis que la seconde ligne défendra.

Lorsque Placman 😈  s’est installé en colloc’ dans mon cerveau en 2018, il était vindicatif, toujours à m’enflammer l’esprit, littéralement 🤬  (on dit que les lésions neuronales prennent l’inflammation lorsqu’elles sont actives). Alors pour réprimer ses invasions, mon neurologue (ci-après appelé le chef de guerre) a dessiné un plan d’attaque d’urgence.

La bataille des bossus

👥  Première ligne : bataillon de Copaxone

🪖 Type de formation : en pointe

💉 Administration : piqûre autonome

👊 Action : attaque à vue les globules blancs rebelles

Pendant six mois, ce bataillon a piqué mes cuisses pour empêcher l’ennemi de progresser. Cette première ligne s’est vaillament battue (et m’a bien bosselé les jambes par la même occasion) mais le chef de guerre avaient mal analysé le terrain. Une absence de données topologiques qui a été fatale…

L’ennemi parvenait à franchir les lignes de Copaxone, en toute discrétion. Un scan de la situation à six mois a contraint le chef de guerre à définir une nouvelle stratégie.

La bataille de la Veugle

👥  Première ligne : bataillon de Gylenia

🪖 Type de formation : technique du centre faible

💉 Administration : comprimés par voie orale

👊 Action : emprisonne les globules blancs rebelles dans le foie

En mai, les forces de Gylenia sont venues remplacer les lignes de Copaxone. Nouvelles troupe, nouvelle tactique ! Celle du centre faible. L’objectif : attirer l’ennemi au centre et l’encercler.

Si le Gylenia réussissait à maintenir l’ennemi enfermé dans ce cercle, ont s’est aussi vite aperçu qu’il n’était pas adapté au terrain sur lequel il évoluait. En trois semaines, il a réussi à le contaminer et à déclencher un oedème dans mon oeil gauche.

Le chef de guerre a été obligé de retirer ses troupes, me laissant sans défense quelques semaines. Et l’ennemi en a profité pour reprendre possession du flanc Est. En juin, je faisais une nouvelle poussée et perdais la sensibilité sur tout le côté droit de mon corps.

La victoire de la première guerre neuronale

👥  Première ligne : off
👥  Seconde ligne : Tysabri

🪖 Type de formation : technique du centre faible

💉 Administration : perfusion mensuelle sous surveillance hospitalière

👊 Action : crée une barrière pour empêcher d’atteindre le système nerveux

Face à cet échec, le chef de guerre est parti à la rencontre de ses alliés. Après concertation, le conseil de l’hôpital a validé mon dossier pour un traitement de seconde ligne. On passait de l’attaque à la défense, de la cavalerie à l’infanterie lourde. Tysabri a fait son entrée en août. Depuis, force est de reconnaître que la stratégie a été payante… Plus une seule poussée depuis ! 

Il existe beaucoup d’autres traitements / tactiques militaire face à la SEP. Certains patients font même le choix de ne pas en prendre. Pour rappel, je ne suis pas médecin. J’ai testé les trois traitements ci-dessus sur prescription de mon neurologue et le dernier – Tysabri – même s’il est contraignant s’avère efficace pour moi. Le choix du traitement doit être fait avec ton médecin. 

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